Le Bal : épisode 8/8
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« Réveillez-vous, Georges. » Une voix rauque d’homme âgé venait de le ramener à lui.
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« Réveillez-vous, Georges. » Une voix rauque d’homme âgé venait de le ramener à lui.
Georges avait les yeux écarquillés mais ne regardait pas son interlocuteur qui était sur sa gauche.
« C’était incroyable… horrible… » déclara-t-il, haletant…
« Avez-vous trouvé ? »
« Je… non je ne crois pas… »
« Ce n’est pas grave nous continuerons la prochaine fois. »
« Oui… Docteur… » Georges avait répondu machinalement, choqué de se rendre compte que finalement il était dans le cabinet d’un psy… Il avait donc accepté d’écouter son ami Julien.
« Au fait vous avez reçu une lettre. »
« Et pourquoi mon Psy recevrait-il mon courrier ? » pensa-t-il. « Reçu une lettre ? Mais où suis-je ? Et de qui ? » s’étonna Georges
« Vous êtes à la maison de soins psychiatriques Manster. »
Georges le regarda enfin et reconnut le visage livide et chauve de l’officiel. Il lui tendait une lettre avec un grand sourire.
« Retournez dans votre chambre, l’aide-soignant va vous aider. »
Georges abasourdi remarqua sa tenue blanche de patient, se leva après avoir pris la lettre et se dirigea vers le couloir où l’attendait la Bête, l’armoire à glace…
« Suivez-moi, monsieur Korsteen. » lui dit-il chaleureusement en souriant. Georges le suivit, crispé. Il sentit perler une goutte de sueur sur sa tempe droite quand, en quittant le long couloir, ils arrivèrent à un grand hall en forme de dôme, au plafond en verre.
Ils empruntèrent un autre couloir. Sur les murs, des bandes de couleurs indiquant la direction pour se rendre dans les différentes parties du complexe. Eux suivaient la bande rose.
Par une fenêtre, il observa quelques secondes un grand arbre aux branches pendantes et aux feuilles longues baignant parfois dans l’étang sale où ses racines étaient noyées. Cette vision fugace lui provoqua un frisson remontant le long de sa colonne vertébrale, emprisonnant les muscles de son visage dans le masque morbide d’une affreuse grimace.
Arrivé dans sa chambre, il s’installa sur son lit et, une fois seul, ouvrit la lettre.
Mon Très cher Georges,
J’ai appris ce qu’il vous était arrivé après le Bal.
Je suis désolée de n’avoir pu venir ce soir-là.
Je n’ai pas eu le courage, j’avais peur de ne pas vous plaire une fois face à face. En photo ou par webcam, tout est si différent.
N’étant pas de la famille, j’aurai du mal à vous rendre visite. Je vous souhaite force et courage pour vous rétablir.
Je sais que je ne pourrai jamais la remplacer et vous présente mes sincères condoléances.
Votre Stella.
« Non ! Ce n’est pas possible !
Si tu… Elle existe ! Mais non, Julien ?! Aaaaarrrgggg !!»
La porte s’ouvrit brutalement et une infirmière au visage de la Belle pénétra en trombe dans la chambre. Après que sa Bête eût maîtrisé Georges, elle lui fit une injection dans le cou tandis qu’il hurlait en boucle : « Pas possible ! Remplacer qui ? Des condoléances ? Pour qui ? »
« Voilà, Monsieur, tout ira bien… » dit-elle en souriant.
Georges qui commençait à perdre connaissance, voyait trouble et déformé. Le sourire de l’infirmière lui apparaissait comme un rictus démoniaque, décoré de canines saillantes, et son regard de braise fumait de sadisme.
Les paupières de Georges se fermèrent lentement pendant qu’il prononçait quelques mots, le ton grave, comme une épitaphe :
« Que…m’avez-vous fait… ? C’est… un … cauchemar… »
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