Le Bal : épisode 7/8
Julien venait de poser sa main sur l’épaule de son ami recroquevillé à même le sol, mais celui-ci semblait ailleurs. Il ne réagissait plus, il murmurait sans discontinuer « Pas possible… » Son regard était fixe, vide, ses yeux remplis de larmes…
Les minutes étaient passées et les lacrymales avaient fini par se mêler à la poussière pour former une pâte gris basalte quand soudain Georges sembla retrouver ses esprits. Il se redressa brusquement.
« Julien, il faut me croire, je ne sais pas ce qui se passe, mais je n’ai rien inventé. Je n’ai pas rêvé tout ça, je te le jure !»
« Jojo…Je suis sûr que tu y crois mais je t’assure, tu ne vas pas bien… Il faudrait peut-être en parler à un médecin, un psy, tu ne crois pas ? »
« Non, je ne suis pas fou, et que pourrait faire un psy ? Quelqu’un qui ne sait rien de moi, qui ne connaît pas ma vie, qui ne sait pas ! Non ! Je vous prouverai à tous !»
Alors que Georges se relevait avec fougue, son ami tenta de le calmer lui posant l’autre main sur l’épaule. Mais Georges se débattit violemment, poussant même Julien au point de le faire tomber lourdement au sol dans l’encadrement de la porte de la chambre.
« Tu as vraiment perdu la tête ! » maugréa ce dernier en se relevant, le visage empreint d’ire.
« Laisse-moi passer ! » somma Georges en chargeant littéralement son ami.
Julien encaissa le coup d’épaule et déséquilibra son ami d’un croc-en-jambe, celui-ci le saisit au col et l’entraîna dans sa chute, jusqu’au salon.
Ils roulèrent sur les dvd et sur les boites à pizza. Georges prit le dessus et frappa Julien au visage à plusieurs reprises, puis au flanc.
Un dernier coup et Julien ne réagit plus. George s’interrompit net, le bras levé, les yeux fixés sur le visage de Julien, à califourchon sur son corps désormais inerte.
« Que ? Qu’ai-je fait ? Il est inconscient ? Mort ? »
Georges se releva lentement, bras ballants, tête baissée et mine abattue. Observant le visage en sang de son ami au milieu de ses déchets cartonnés, il se mit à tourner en rond autour du fauteuil sur lequel il s’appuya finalement des deux mains.
« Bon, sang, il avait raison… Il avait raison… Je perds la tête. »
« UN !»
Sa vision se brouilla dans un mélange d’images d’une inconnue brune, mulâtresse, aux cheveux mi-longs, de Julien souriant, de Julien inconscient, de Julien en sang, de Conrad et Elody, de la grande brute, de son entrée par le couloir sombre dans le Dôme Manster, « DEUX !» du visage livide de l’Officiel dont il ignorait jusqu’au nom. Toutes ces images en une spirale infernale, hypnotisante… « TROIS !» Georges perdit connaissance à son tour et s’effondra à côté de son ami.
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