Le Bal : épisode 6/8

Publié le par Garry Voligert

Episodes :
1 - 2 - 3 - 4 - 5 - 6 - 7 - 8

undefined

La soirée battait son plein, l’assistance était ravie.
Le couple à l’honneur avait regagné ses sièges, et la foule s’était mêlée aux Elus…
 
Georges, pour sa part, avait déserté l’agitation de l’agora pour rejoindre ce fameux couloir sombre à l’entrée. Il désespérait de n’avoir aucune nouvelle. Il farfouilla dans les poches de son costume avec l’illusion qu’il y retrouverait le téléphone qu’il avait oublié dans sa précipitation pour venir au Bal.
 
 « Elle va arriver…Bientôt… Elle va… ».
 
Il regardait sa montre. Sa trotteuse semblait indiquer les minutes. Lui-même trottait de gauche à droite à l’entrée du dôme, tentant vainement de s’apaiser. Il regardait si souvent les aiguilles qu’il avait plusieurs fois manqué de se froisser un muscle du cou.
Après une vingtaine de minutes de ce manège, il avait commencé à se ronger ce qu’il lui restait d’ongles.
Quelques instants après, alors qu’il cherchait de nouvelles explications à l’absence qui le tourmentait, Georges aperçut du coin de l’œil une silhouette familière, venant de l’intérieur du dôme ; une silhouette qui avait quitté la piste. Il finit par reconnaître Julien.
 
« Ca ne va pas, Georges ? » lui demanda son ami. 
« Comment ? heu si si ! Enfin…Non, je… » Georges répondit en soufflant.
« Oh là là, qu’est-ce qui t’arrive ? » S’inquiéta Julien.
Georges lui lança un regard grave « J’attends ma cavalière… »
« Ta cavalière ? Tu plaisantes ? » Sourit-il.
« Evidemment que non, tu sais bien que je ne suis pas du genre à faire des blagues ! »
Le ton avait été sec et aussi glacial que le regard si bien que Julien se ravisa et coupa court à son sourire.
« Mais… tu l’as connue où ? Tu n’en as jamais parlé. »
« Stella ! Je l’ai rencontrée sur internet, il y a un mois. On a parlé presque toutes les nuits. » Soupira un Georges un peu moins menaçant.
« Internet ? Toi ? Toi qui déteste les ordinateurs ? » l’interrogea son ami incrédule.
« Je… Que…Mais… » Son bafouillage était à la limite du pathétique.
 « Un mois tu dis ? Pile poil quand Sylvie t’a plaqué… »
Georges resta silencieux.
« J’y crois pas ! Toi, tout de suite après une rupture, sur internet en plus ? Tessa avait raison. Depuis cette histoire, ça ne tourne plus rond dans ta tête ! »
« Quoi ? Elle a dit ça ? Et toi tu es… d’accord ? »
« Et Comment monsieur explique-t-il toutes ces incohérences ? Je vais te ramener chez toi, il faut que tu vois quelque chose. Attends-moi là, je vais prévenir les autres.»
« Je… D’accord… » Répondit-il d’un air faussement résigné.
 
Georges était perdu, un de ses meilleurs amis le traitait de fou, mais il était sûr qu’il ne l’était pas. Elle allait arriver. Sinon, il serait toujours temps de prouver à Julien «  j’ai encore toute ma tête ! », de lui montrer les courriels, les photos sur l’ordinateur. 
 
Julien revint rapidement et après un passage par les vestiaires, ils prirent la direction du parking jusqu’à la petite trois portes bleue aux formes arrondies.
 
Trois quarts d’heure plus tard, Georges ouvrait la porte de son appartement.
« Viens je vais te montrer, Julien ! » annonça-t-il, déterminé.
Georges ne ferma même pas la porte d’entrée, filant à tout allure dans son salon, une pièce très en longueur, à peine éclairé par la lampe basse consommation s’allumant progressivement.
Il zigzagua entre les boîtes à pizza, « allez viens !», les télécommandes « dépêche, tu vas voir ! » et les boîtiers de dvd « tu vas arrêter de me prendre pour un fou !» et se précipita dans sa chambre, au fond à droite, dont il ouvrit la porte puis qu’il alluma…
Là, Georges se tût et resta planté sur place. Sur son lit défait, des miettes d’un sandwich, un magazine pour adulte ouvert sur un poster en double page, juste à côté un mouchoir visiblement humide, une canette de soda renversée, vide, des vêtements sales ou non-repassés, des chaussures en pagaille mais aucun ordinateur.
 
« Elle existe ! Elle a dû arriver pendant qu’on est parti. L’ordinateur portable, j’ai dû le déplacer, je… Ce n’est pas possible ! »
Il farfouilla ses draps, retourna tous les papiers entassés sur le bureau… Rien de rien. Impossible de retrouver son téléphone !
 
« J’ai du me le faire voler dans les transports !»
 
Georges se prit la tête dans les mains et s’agenouilla par terre sur un lit de poussière, une larme se dessinait au bord de son œil droit…
« Ce n’est pas possible… Ce n’est pas possible… »
Publicité

Publié dans Le Bal ( Nouvelle)

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article