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1 - 2 - 3 - au sujet de la suite.
« Bon sang, mais qu’est-ce que je fous là ? »
Tels furent les premiers mots qui brisèrent le silence. Jusque là, ils étaient quatre à se regarder en chiens de faïence. Trois jeunes hommes et une toute aussi jeune femme. Ils s’étaient réveillés dans cette cellule ingrate et étroite, aussi froide que sale, avec quatre coins de paille contrastant avec la pierre noircie des murs. Une petite lucarne grillagée laissait paraître un petit coin de ciel bleu-nuit étoilé.
Celui qui avait parlé était un grand gaillard de type caucasien, le teint pâle, les yeux noirs. Ses cheveux lisses et mi-longs lui coiffaient la tête comme une calotte qui chatouillerait ses oreilles et chercherait à masquer son œil gauche. Sa voix grave, sa peau un brin boutonneuse, sa barbe mal rasée et ses épais sourcils en faisaient le stéréotype même de la virilité brutale. Il portait un jean bleu délavé, un peu serré, et un débardeur blanc tâché ainsi qu’une paire de baskets blanc cassé.
D’abord inconfortablement allongé sur le ventre, il se releva lentement en se tenant la tête puis regarda ses compagnons d’infortune. « Il fait peut-être très sombre, mais j’vous connais pas, ça c’est sûr ! Z’êtes qui vous ? » Il avait lancé cette phrase comme si ces trois-là étaient responsables de sa présence en ces lieux. Un des hommes se leva à son tour pour lui répondre. Il était malingre, de taille à peine moyenne, chauve, les yeux clairs sans doute bleu, un peu bridés. « Je te retourne la question ! » Sa petite voix fluette avait cependant eu un ton sec et assuré. Il se tenait droit. Il était vêtu de noir, une jupe porte-feuille longue avec trois boucles métalliques, un T.shirt à priori rouge sombre surmonté d’un blouson noir, type cuir, aux épaules décorées d’écailles en métal argenté. Ses chaussures presque totalement cachées sous la jupe semblaient avoir la semelle épaisse.
« Purée, vous êtes bêtes ou quoi ? On est carrément tous dans la même galère là ! Pourquoi se crier dessus ? » C’était la rousse qui s’était exclamée. Elle était de taille moyenne, un peu ronde, elle portait une jupe rose qui lui arrivait juste sous les genoux, un pull col roulé blanc et une paire de chaussures blanches, plates et ouvertes. Elle s’était redressée mais restait assise, les jambes sur le côté, s’appuyant sur un bras et se frottant le front de sa main libre.
Un petit rire inquiétant retentit alors. C’était le quatrième incarcéré. Typé indien, cheveux longs et lâchés, décolorés. Il portait un bouc mal entretenu. Vêtu d’un long manteau blanc avec un col à fourrure, d’une chemise vert clair incomplètement boutonnée, d’un pantalon blanc et de chaussures blanches à talons épais, plutôt classieuses, il semblait se moquer de la situation alors que les autres étaient stressés. Assis, légèrement incliné en arrière, un peu de paille comme dossier sur lequel s’appuyaient ses coudes, les jambes pliées et écartées devant lui, il donnait presque une sensation de confort. Son rire se mua en sourire, il releva légèrement la tête et dit d’un ton amusé: « Johna, enchanté. »
- « Adeline, j’aimerais bien être aussi enchantée que toi. »
- « Sylvain… » Rajouta le plus grand.
Un souffle, un soupir et la dernière voix se présenta :
- « Hajime. »
- « Bien, voilà un meilleur début ! » Ricana Johna. « Par contre, ça ne nous dit pas comment nous sommes arrivés ici… Ni pourquoi… »
- « Je… Je m’étais couchée après avoir mangé… Je crois que je venais à peine de m’assoupir quand j’ai entendu ce bruit étrange, une sorte de grésillement et puis plus rien… Je me souviens juste ensuite avoir repris mes esprits ici… » Expliqua Adeline.
- « Moi j’buvais une bière devant un putain de clip… Et là, la foutue télé de la daronne s’est brouillée, je me suis levé pour aller voir le problème, je me suis pris les pieds dans cette daube de tapis. J’me vautre à terre, la lumière s’éteint, je relève la tête et je vous vois… » Sylvain venait de donner sa version.
- « J’en sais rien… Je ne me souviens de rien de ce que je faisais… » Hajime se claquait le front comme pour décrocher un souvenir de son attache.
- « Ok, donc aucune histoire ne se ressemble… Ca n’a aucun sens… » Conclut Johna.
Il se leva, sans rien ajouter, et observa les barreaux métalliques de leur cellule. De l’autre côté un sombre couloir partait vers la droite. Il ne pouvait rien y voir de plus qu’une lointaine lueur vacillante, sans doute une torche.
- « Et toi ? Tu faisais quoi ? » Demanda Hajime.
- « Bah… » Grommela-t-il « J’étais en bonne compagnie et ça se passait très bien, si tu vois ce que je veux dire… »
- « Oui, oui, on a bien compris, n’en dis pas plus ! » Intima Adeline.
Sylvain se rapprocha à son tour des barreaux, en saisit deux et tenta de les écarter, de les faire bouger mais ils étaient bien scellés.
- « Qu’est-ce qu’on va devenir ? » Gémit Adeline.
« Bonne question ! » Répondirent-ils tous en chœur avec la même ironie.Episode II

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