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Infusion (Projet de roman)

Lundi 4 février 2008
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Après avoir lu le 13ème épisode d'Histoire d'âmes, de Wisa (
Voir son blog ), j'ai remarqué, amusé, qu'une de mes productions littéraires avait des points communs avec son 13ème épisode entre autre.

Je te fais donc partager Wisa, ainsi qu'à tous les lecteurs et lectrices, cet épisode 0 de mon projet de roman.

Il ne s'agit pas vraiment de voyage astral (je n'en dis pas plus), mais ça y ressemble beaucoup ;)

Bonne lecture et/ou bonne écoute à toutes et à tous. 


[ Mise à jour le 12/02/2008 ]


Cliquer pour écouter ce texte




1- La brume de l’esprit
 
Il faisait nuit noire, l’épais rideau de nuages masquait la lune. Seules les lueurs des appartements, des maisons et des quelques commerces nocturnes illuminaient la carte que j’avais sous les yeux. Oui, c’était comme une carte, j’étais au-dessus de la commune, dans les airs. Je flottais sans même savoir comment c’était possible. Je n’avais pas vraiment de corps, j’étais une sorte de brume rosâtre à la forme vaguement humaine, j’avais deux bras et deux jambes mais pas de main ni de pied. Je me sentais comme un de ces bonhommes, dessin d’enfants.
 
Je reconnaissais la faculté où j’allais en cours. De grands bâtiments passablement délabrés, dont les travaux de rénovations avançaient au rythme d’un achatine1 anémique. Un des pôles se trouvait sur une colline tandis qu’en contrebas, vers le bord de mer, on en trouvait un second, plus moderne, plus neuf. Non loin de là, des résidences universitaires bordées d’un grand parking, de petits immeubles allongés et deux grandes tours accolées. Tout cela à côté de la marina, magnifique réunion de bateaux : voiliers, monocoques, catamarans et trimarans, vedettes. Tout un complexe de restaurants d’assez bon standing à côté d’hôtels visant une clientèle avant tout touristique et aisée. Ci-et-là des commerces plus modestes, une pizzeria fort appréciée des étudiants, un serrurier, un cybercafé, etc.
 
J’entendais le vent mais je ne le sentais pas caresser ma peau. Sans doute car je n’en avais pas. Cette brise marine me traversait de part en part. La sensation était singulière. Percevoir ce parfum salin par toutes les parties de mon corps, c’était extraordinaire ! Ne faire qu’un avec l’alizé…
 
J’eus envie de descendre voir le quartier de plus près. A peine eus-je eu conscience de cette envie que je fus transporté, comme par un vent, qui cette fois-ci aurait eu prise sur mon corps immatériel, vers l’objet de mon désir. J’étais sur la route entre les résidences et la pizzeria. Une étudiante de ma promotion en revenait avec deux précieuses boîtes en carton dont s’échappait un fumet délicieux. Elle venait vers moi, elle regardait droit devant elle vers le lointain. Elle ne me voyait manifestement pas.
Elle me passa à travers, je sentis toutes les formes de son corps, jeune femme charnelle du soleil. Grisant ! Elle s’arrêta et lâcha les pizzas au sol. Elle se frottait les bras comme si elle avait eu très froid tout d’un coup. Elle se tenait les jambes serrées, la tête penchée en avant, le dos plié, elle était comme une fleur qui se fermait au crépuscule. Elle se retourna lentement, le regard inquiet, à la recherche d’un signe, d’une explication. Elle tremblait. M’avait-elle senti ? Elle se ressaisit quelques secondes plus tard, se baissa pour ramasser les cartons qui étaient restés bien fermés puis repris la route en pressant le pas.
 
Je la suivis. Elle se rendait à la tour A, à l’un des plus hauts étages. Elle y retrouva une camarade, une négresse tressée à la silhouette très longiligne. Cette dernière l’attendait impatiemment. Elle plaisanta en reprochant à Laure, je crois que c’était son prénom, d’avoir été longue, l’accusant d’avoir fait une charmante rencontre en route qui l’aurait retardée. Laure n’apprécia guère et lui répondit un peu sèchement tout en installant les pizzas sur la petite table dans la chambre étroite.
A peine dix mètres carrés pour ce repas à deux… Non, à trois ! Je n’avais pas encore remarqué cet homme, sur le mini-balcon.
« Alors les filles, on va enfin pouvoir manger ? » Leur lança-t-il.
Je n’en revenais pas, je reconnaissais un de nos professeurs. Une homme d’environ trente-cinq ans, typé indien, cheveux longs, de taille moyenne. J’observais, incrédule, j’écoutais, je sentais…
Après avoir englouti les pizzas, leur conversation se porta sur les derniers examens. Ces deux-là n’étaient pas très douées dans sa matière et, apparemment, elles ne pouvaient pas se permettre d’avoir de mauvais résultats.
Monsieur se fit rassurant, prenant la première par l’épaule et lui glissant quelques mots au creux de l’oreille. Quelques mots et puis aussi la langue.
« Ne vous inquiétez pas, vous avez réussi votre examen. » Sourit-il.
Nous avions passé l’épreuve deux jours à peine avant, je me souvenais encore de la tension qui régnait dans l’amphithéâtre, de ce problème de chimie à vous faire vous arracher les cheveux…
Je n’avais pas besoin d’en voir ou d’en entendre davantage. J’avais saisi ce qui se jouait.
Quand les mains commencèrent à faire glisser la mousseline, quand les bras se levèrent pour retirer un top, quand le bruit de la fermeture éclair du seul pantalon de la pièce se fit entendre, il ne resta plus de place pour le doute.
On entendait parler de ces choses là, mais je croyais à peine ce que je voyais. Cela se passait au sein même de la résidence ? C’était irrationnel !
Je me retrouvai de nouveau en altitude, juste après avoir eu ces pensées.
C’était… Révoltant… Outrageant. Je bouillais, ma brume commençait à se dissiper, je disparaissais. Je m’évaporais. La peur s’empara de moi. Qu’allait-il advenir de moi ? Je sentais l’envie impérieuse de pleurer mais je n’avais pas d’yeux ou de glandes lacrymales, je n’étais que vapeur et je me dispersais au gré d’un alizé assassin…
 
Je me réveillai en sursaut, en nage de sueur, tentant de retrouver et mon souffle et mon calme. Quel rêve étrange ! J’en avais gardé l’amertume au palais, la frustration au cœur et la colère aux tripes…


 
1 : Achatine : Escargot terrestre géant, originaire d'Afrique ( fiche zoologique, en anglais)
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Mardi 12 février 2008

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Après avoir dévoilé un premier extrait de mon projet de roman, ce qui devait être un simple clin d'oeil, je choisis de présenter un peu ce projet et je pense mettre en ligne quelques extraits à l'avenir ainsi que faire quelques commentaires sur le travail en lui-même.

A l'origine, il n'y avait rien. Puis Garry dit :" Que le chapitre premier soit" .... Heu oops, je m'égare, excusez-moi.

Donc à l'origine, je n'avais aucunement le projet d'un roman.
En effet tout commence en l'an 2000 (ça nous rajeunit tous hein?), un jour où j'ai décidé  d'écrire un texte de type gore (violence, sang, type horreur). Je n'avais jamais écrit de la sorte,
c'était donc un exercice de style.

6 ans plus tard, alors que j'avais entre temps traversé l'Atlantique et tenté d'avancer avec plus ou moins de succès dans cette chienne de vie (j'adore les chiens et parfois leur vie est bien enviable!), j'ai retrouvé un vieux CD, rayé par le temps et le rangement hasardeux au milieu de ... Feuilles de papier cornées. Sur ce CD, des archives anciennes. Certains retrouvent des grimoires poussiéreux, moi ce fut un CD, tout aussi poussiéreux. Sur ce CD, un fichier dont le nom me fit bondir :
 

"Mais qu'étais-je devenu?"

Tel était le titre de ce premier texte, qui aurait sans doute pu etre une courte nouvelle.
Je le relus avec plaisir et décidai, sous le conseil d'une connaissance, de reprendre l'écriture.
"Je vais en faire une nouvelle "finie" " me dis-je.
Et c'est ainsi que je commençai à écrire, à écrire. En novembre 2006, sur un forum personnel, je mis en lignes les épisodes, petit à petit, de ce que j'avais appelé mon 1er Livret.
En effet j'avais des idées plein la tête et j'avais déjà commencé une "suite". A cette suite je fis une suite pour en arriver à 3 Livrets de 10 épisodes chacun.


Quelle ligne avais-je suivie?


L'histoire se déroule sur une île que l'on pourrait comparer à la Guadeloupe, certains pourraient y reconnaitre quelques décors, cependant je n'avais pas envie que celà soit vraiment la Guadeloupe, j'ai donc gardé une certaine liberté, et je n'ai utilisé que des noms inventés ou des "surnoms" mais pas de noms "officiels" de lieux.

De fait, mon inspiration première pour cette histoire fantastique était
un imaginaire de type occidental.
J'avais envie d'en faire quelque chose qui se référerait à certains classiques sans en être l'expression exact. Ce que je fis.
Les personnages étant antillais, il me fallait intégrer des éléments de notre folklore, pour la cohérence.
De même, je voulais aller au-delà du cadre occidental et puiser dans le fantastique antillais était l'idée parfaite.

De tout ce mélange était née l' "Infusion".


De la naissance de l'idée d'en faire roman !

Je me rendis compte que ces 3 livrets contenaient assez de matière pour en faire un roman.

C'est là qu'a commencé la partie hardue de l'aventure.
A la fin du "1er jet" ( fin 2007),  j'avais déjà débuté ma relecture des débuts, corriger les formulation lourdes et maladroites, clarifier les descriptions trop floues, rajouter de la personnalité aux personnages, complexifier les relations.

J'avais entre les mains une histoire fantastique dans un contexte antillais mais ne s'y limitant pas, contenant des scènes violentes, sanglantes, parfois sexuelles. Et de tout cela, je devais réussir à
.élaborer un récit aussi passionnant que possible.


C'est ce travail que je suis en train de mener
 
Ayant une ligne globale de l'histoire ( j'en connais la fin, quand bien même elle risque de changer), je peux rajouter des détails, des indices !
Certains passages sont trop rapides ou superficiel, je les creuses, je rajoute de la matière aussi fertile que possible, je n'arrête pas d'y penser.

Je travaille actuellement sur l'ancien 2ème Livret, là où davantage de personnages rentrent en jeu, c'est complexe mais passionnant !

Je vous ferai partager un nouvel extrait du premier Livret dans quelques temps.


Merci de votre lecture

Garry

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Samedi 16 février 2008

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Attention, cet extrait contient des descriptions (de type "gore/morbide" ) pouvant heurter les sensibilités.





Le soir, un reportage télévisé allait choquer la population.

Un horrible crime avait été commis juste à côté de chez moi.
J’étais sceptique… Je repensais à cette matinée étrange.
Je ne me souvenais pas de tout, je venais à peine de me réveiller, pourtant je me sentais encore las, j’avais envie de retourner dans les bras de Morphée. Aussi retournai-je m’allonger. Mais je ne parvenais pas à trouver le sommeil, dans ma tête, des images et des sons m’en empêchaient. Chaque fois que mes paupières s’affaissaient, elles remontaient ensuite en sursaut, soulevées par les bras puissants de ma réflexion et de mon imagination. C’était comme des épisodes d’une série. En y repensant, je pouvais reconstituer une seule longue scène… Une scène de crime…
 
Un homme et une femme retrouvés morts. L’homme le crâne broyé, la femme décapitée et exsangue... Aucun réel témoin, quelques habitants avaient bien entendu le cri de la malheureuse mais sans doute avaient-ils préféré rester cachés et n’avaient rien vu à moins qu’ils aient vu des choses qu’ils préféraient ne pas révéler. Le passage où avait eu lieu le crime était très fréquenté, trop pour pouvoir isoler quoique ce soit de façon rigoureuse, empreintes ou autres… C’est ce que disait un des officiers de police. J’étais là à côté d’eux. C’était comme la dernière fois. Quelle sorte de rêve était-ce donc la ?
Ce corps de brume, cette immatérialité…
J’observais, j’écoutais, les enquêteurs étaient vraiment dans le flou. Ils n’avaient pas su interpréter les détails particulièrement morbides et sadiques de la scène du crime. Ils n’en avaient jamais vue de semblable. L’homme gisait sur le sol dans une mare rouge. Son sang semblait former une fleur de mort dont le parfum, mélange d’odeurs de renfermé et d’entrailles, de chair molle et de sang emplirait tout le couloir, noyant les personnels légaux dans un état nauséeux certain. Il n’avait plus qu’un amas de chair à la place de la cervelle. Complètement désagrégé, l’organe de son intelligence ressemblait ici plus à un feuillet bosselé dont chaque crête aurait pu correspondre à des circonvolutions. Tout cela contrastait avec la douceur surprenante, mais toute aussi morbide, du contact entre cette masse visqueuse et la peau des enquêteurs au travers de gants de latex. Comme pour représenter les organes sexuels de la fleur de mort, la matière grise s’étendait en rond, à peine excentrée dans cette flaque rouge... Des morceaux d’os de sa tête se retrouvaient jusqu’à trois mètres de là. Le dessus du crâne à peu près entier avait sur lui une fine couche de cheveux crépus encore raides comme si le sujet avait été soumis à un courant trop intense. Etrange scalp… à la coque. Les mâchoires avaient été réduites en éléments granuleux si fins que l’on aurait dit qu’il s’agissait de poussière, sans doute le vent en avait-il dispersé une bonne partie. La peau foncée du nègre avait été déchirée sur tout le périmètre du cou. La langue semblait être l’organe le moins endommagé, il n’y avait qu’une demi-douzaine de bout d’os qui la traversaient de part en part.
Le bulbe rachidien toujours rattaché au corps, assis sur ses genoux et le tronc légèrement penché en avant, pendait mollement vers le sol et laissait dégouliner la lymphe interstitielle qui le baignait. Il était presque amusant de constater qu’il réagissait comme une éponge quand on y enfonçait le doigt... Et toujours cette puanteur... Quant aux yeux, un seul fut retrouvé à peu près intact, un globe déformé, blanc, rouge avec une tâche noire et l’autre : une bouillie blanche, une purée rouge et une sauce noire...
Le corps de l’homme était encore crispé quand les secours et la police étaient arrivés, étrangement raide, trop tôt pour une rigidité cadavérique...
La femme était plus facile à identifier. La tête entière était séparée du corps certes, mais elle était reconnaissable... Là par contre, pas de sang hormis quelques éclats de celui de son compagnon. Le corps en était vide, adossé au mur du petit chemin qui avait été seul spectateur de la scène, il n’était plus que partiellement recouvert de vêtements. On pouvait admirer le goût coquet de la défunte en observant son soutien-gorge en dentelle, et abuser du spectacle du corps généreux, et sa peau métisse de mulâtresse… En se rapprochant un peu du corps de la pauvre acéphale, on pouvait sentir une odeur de cyprine séchée, résidu du court plaisir qu’elle avait eu le temps d’éprouver. Sans doute quand l’homme la serrait, à moins que ce fut quand...
La tête, à peine à un mètre, tranchée net, arborait un visage empreint d’un rictus d’horreur et de douleur mettant en valeur les lèvres de la victime... Les longs cheveux noirs, étalés vers le corps de leur hôte, semblaient les seuls à n’avoir pas souffert... Sur la base du cou, des traces de morsures…
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Dimanche 4 mai 2008

 

 

Après un peu de marche nous avions trouvé un tronc idéalement renfoncé à sa base, des lianes que je ne reconnaissais pas formaient comme un rideau devant notre point de campement rudimentaire.
Après nous être restaurés rapidement d’un peu de pain et de charcuterie et avoir constaté que nos réserves diminuaient décidément bien vite, nous nous installâmes pour dormir.

Le sommeil tardait à venir. Il semblait que nous avions tous les deux la même appréhension : que je me transforme pendant la nuit. La brume s’était levée, il faisait sombre, quelques rayons de lune perçaient ci et là.


Plus l’heure avançait, plus il me semblait entendre des voix, comme des murmures portés par la brume. Des voix sourdes, rauques qui ne semblaient pas articuler le moindre mot connu. Un regard échangé et inquiet avec Catherine, nous étions sur le qui-vive.

Une bonne heure passa. Sous écoutions, nous attendions, stress-stress. J’avais peur, sueur, que quelque chose ne vienne nous prendre dans cette nuit au milieu de cette atmosphère laiteuse. Il y avait comme une vie, une conscience derrière tout ça. Les voix ne provenaient pas toujours de la même direction. Parfois je croyais entendre des souffles, des respirations. Loin, loin-horizon… Plus près, par-dessus l’épaule à frissons.

« Aaaazzzzz…annnnnneeee ! » Tels étaient les sons que déclamait la forêt.

Des odeurs de pourritures emplissaient l’autour de moi, des odeurs de sueur et de crasse, des odeurs fortes d’urine, de sang, des odeurs intimes de chair possédée, des odeurs de mélasse. Des bruits de craquements, des plaintes, des complaintes, des hélées, des anmwé de cordes vocales natées hommes-femmes-enfants.

Je frémis davantage quand un dernier bruit vint se mêler à l’orchestre horrifiant. Un bruit assourdi de métal, un peu comme des chaînes s’entrechoquant et rampant sur l’humus. Je ne cessais de tourner la tête pour regarder partout autour de nous. Je suais à grosses gouttes… Rouges ?

 

 J’aurais dû penser à la lever également, ma tête. Tout d’un coup, le fameux rideau lianes se mit à bouger, à s’allonger et, telles les tentacules d’un chatrou végétal géant, à tenter de nous saisir.

Je me levai brutalement, empoignant Catherine pour la tirer de là. De mon seul bras vraiment valide, je la projetai avec difficulté hors de ce piège sylvestre.

Malgré mon bond sur le côté, je ne parvins pas à éviter toutes les lianes et je fus frappé par trois d’entre elles.

Je hurlai. Ma voix dissona d’avec le mystérieux chœur de la forêt « Aaaazzzzz…annnnnneeee! » mais se mêla comme une sœur aux autres plaintes diffuses.

 

Le contact avait été extrêmement douloureux. J’étais en proie à une sensation intense de brûlure, je regardais mon avant-bras et ma jambe droits. Ils portaient des coupures assez nettes d’où mon sang perlait sur toute leur longueur. Ces fichues plantes étaient tranchantes comme des coutelas bien aiguisés. En les regardant, je remarquai qu’elles suintaient une substance opaque et visqueuse que je distinguais à peine dans la pénombre.

 « Eloigne-toi vite ! » Criai-je.

Catherine me regardait, d’abord un peu affolée, puis elle sembla se contrôler, elle ne recula que par des petits pas lents. Je ne voyais pas son regard, mais je ne pouvais m’empêcher de l’imaginer froid et indifférent. Je ne pouvais m’empêcher de l’imaginer se délectant de mon malheur, se mêlant aux voix mesquines dont les intonations professaient mon infortune. « Chhhoooo…Ssssiiii Kouuuuu !»

 

Les lianes virevoltaient, mues de plus en plus vivement par une force inconnue. Alors que je m’étais relevé pour courir loin de cet enfer de rasoirs vivants, la dizaine de liane se tendit comme autant de lances et se projeta vers moi ; vers nous, car mes quelques pas m’avaient rapproché de celle qui n’avait pas fui…

« Bannnnnn…Dééééééé….Léééééé! »

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Mardi 24 juin 2008
Et bien, je viens vers vous ce soir, chers lecteurs pour vous donner des nouvelles de mon projets de roman.

Il faut que je confesse que je l'ai laissé un long moment au second plan. Moins de temps pour moi, et une pulsion sur la poésie et les nouvelles n'y ont pas été étrangers.

La nouvelle "Le Bal" est née, "On Verra" est en gestation mais bien avancée, "Les Dessous de l'hôpital" est finalisée (mais pas mise en ligne) et "Chraumatisme" est en cours de finalisation ( non mise en ligne).
Des poésies (surtout de type chanson) se sont rajoutées à mes oeuvres ( en partie mises en ligne).
Pourtant, je n'ai jamais oublié "Infusion". Comment le pourrais-je?

J'ai retravaillé certains passages, encore et encore, aiguisant ma lecture critique et autocritique, affûtant le style et ses formulations, traquant les trop-lourdeurs.

Ma cervelle bouillonne et j'ai désormais envie de donner beaucoup plus de consistance à l'histoire et aux personnages. J'ai donc commencé un travail de documentation. J'ai lu quelques romans antillais, je parcours des documents relatifs à l'histoire des Antilles. Je désire donner plus de cohésion, de puiser dans la langue, dans l'histoire, dans les us.

Ainsi m'éloignai-je petit à petit du 1er jet de ce roman, mais c'est sans regret. Ma seule crainte est que plus j'avance plus j'ai envie d'en faire et plus j'ai envie d'en faire plus la tâche semble infinie.
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Mardi 26 août 2008




Un jeune homme noir, crâne rasé, tout de blanc vêtu courait aussi vite qu’il pouvait, faisant balancer son pendentif argenté en forme de triangle pointé vers le haut. Il avait un message à transmettre. Il arrivait devant une femme en robe longue et ample, écrue, au visage recouvert d’un voile fin. Il posa un genou  et un poing à terre, baissa la tête puis :

- « Man Vétille ! Nous avons enfin trouvé quelque chose ! » Déclara-t-il d’un ton formel.
- « Parle ! Bon sang, ne me fais pas languir ! » Somma la vieille femme.
- « Le Médium. Il a détecté quelque chose d’inhabituel, mais c’est perdu en pleine nature, en région montagneuse de Terre de Feu ! »
- « Inhabituel? C’est tout ce qu’il a dit?»
- « Oui, il n’a rien dit de plus. »
- «  J’ai peine à croire que ce puisse être ce que nous cherchons, mais s'il l'a détecté quelque chose d’aussi si loin, il faut aller vérifier, peu importe ce que c'est. » Marmonna-t-elle en levant les yeux au plafond.
« Si jamais c’est lui… »  Elle serra le poing « …Réunis les Cinq. Nous partirons demain dès l’aube. »
- « Ok d’ac ! »
- « Ok d’ac  ?? » Reprit-elle d’un ton aussi interrogateur qu’agacé.
 - « Heu… Oui madame. » Rectifia-t-il, en toussotant.
- « Je préfère ça, Juvénis. Maintenant va ! »

 Le jeune homme s’en alla aussi vite qu’il était venu et la femme murmura « Si je retrouve ce vermisseau, je lui ferai payer. Quel gâchis par sa faute ! Oh, oui ! Tu vas payer le prix de cette vie ! »
Sa voix était empreinte d’amertume et de colère.

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Mardi 26 août 2008



Pendant ce temps, une aura lumineuse commença à envelopper Sandra. En fait, il s’agissait d’un mélange d’air et d’énergie, un peu comme de la poussière scintillante, qui tourbillonnait autour d’elle. La jeune femme semblait ne plus toucher le sol, un peu comme les braises alentour, elle était portée par sa magie. Ses longs cheveux blonds étaient comme animés par les mouvements d’air. Elle avait les bras légèrement écartés du corps. Un peu cambrée, mettant en avant sa poitrine sur laquelle tombaient au ralenti quelques gouttes de sueur, relevant le menton, elle semblait plus prendre la pose qu’autre chose, voilée d’un mouchoir mousseline humidifié qui semblait tenir seul sur son somptueux visage.
Catherine n’avait pas bronché. Le feu continuait son œuvre tout autour, la fumée emplissait un peu plus la pièce à chaque seconde. Hisham avait lancé son ustensile vivant derrière lui, sur Thierry qui par réflexe avait envoyé sa boule de feu sur le sorcier. Ceci ne l’empêcha pas d’être renversé par le poids de ce dernier. Azaan commença à crier sa douleur et à gesticuler en roulant, sur Juvenis entre autres, pour tenter d’étouffer les flammes.

 

Sandra ouvrit la bouche, inspira profondément, gonflant ventre et poitrine, puis elle expira. L’air se mêla à son aura et il prit vaguement forme humanoïde. La Blafarde reproduisit cette étrange rituel trois fois supplémentaires, donnant ainsi naissance à un total de quatre créatures faites d’air tourbillonant.

« Qu’est-ce que c’est que ça ? » Lança Catherine, observant d’un air sceptique, relevant les sourcils.

« Tu vas très vite le savoir ! » Répondit la magicienne en esquissant un sourire narquois.

Le quatuor d’élémentaires d’air se mit à avancer vers Catherine, trois d’entre eux en marchant, le quatrième en volant, suivant une trajectoire une parabole.
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Mardi 10 mars 2009


Ce jour-là, le soleil ne semblait pas vouloir se coucher, interminable journée de labeur. S’il avait eu une montre, il aurait su que ça n’était pas qu’une impression. Une fois dans l’année, il y avait un jour plus long que tous les autres et il était en train d’en faire l’expérience douloureuse. Pourtant cela faisait des années qu’il était esclave. Si cette fois-ci il en souffrait tellement c’est que cet oranger-marron clair du ciel contrariait son marron à lui, non celui foncé de sa peau mais celui de ses envies de liberté. Le goutte à goutte de sa sueur marquait les secondes qui auraient dû le rapprocher des hauteurs embrumées du flanc de montagne, là-bas, pas si loin que ça…

Mais il était là comme tous les autres à travailler jusqu’au ciel rouge virant bleu nuit.

Comment donc, harassé par ces heures assassines, lui resterait-il assez de force pour mettre son plan à exécution ?

Peu importait, ce jour était son jour, il devait réussir.

Ni Lui, ni Elle ne l’avait pris au sérieux. La sagesse et la tempérance de la jeunesse face à la fougue de l’âge mur ; dans quel monde vivaient-ils là ?

Quand l’horizon affamé fut sur le point de gober l’orange céleste, Il sut qu’il ne devait pas trembler, pas reculer, sa chance était là. Derrière la porte de sa case située dans les hauteurs du quartier des esclaves, il avait une vue imprenable - sauf par les maîtres blancs du haut de leur terrasse immense - sur le festin de cette mer qui les séparait désormais tous de leurs racines. Au moment où le soleil avait presque totalement disparu, tel un signal de départ un rayon vert fusa de la ligne d’horizon et vint frapper la plantation. D’autres l’avaient vu, des esclaves mais aussi des maîtres et contre-maîtres, tous les yeux – ou presque - étaient tournés vers l’océan et sa ligne couleur feuille. Un grand brouhaha d’étonnement retentit et résonna quelques instants, couvrant ses pas rapides et son souffle appuyé.

C’était fait, il courrait droit devant lui, dératé. Décroché du firmament nègre, il était un marron-filant exauçant son seul vœu : vivre et mourir libre.
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