Episodes :
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La soirée battait son plein, l’assistance était ravie.
Le couple à l’honneur avait regagné ses sièges, et la foule s’était mêlée aux
Elus…
Georges, pour sa part, avait déserté l’agitation de l’agora pour rejoindre ce fameux couloir sombre à l’entrée. Il
désespérait de n’avoir aucune nouvelle. Il farfouilla dans les poches de son costume avec l’illusion qu’il y retrouverait le téléphone qu’il avait oublié dans sa précipitation pour venir au
Bal.
« Elle va arriver…Bientôt… Elle va… ».
Il regardait sa montre. Sa trotteuse semblait indiquer les minutes. Lui-même trottait de
gauche à droite à l’entrée du dôme, tentant vainement de s’apaiser. Il regardait si souvent les aiguilles qu’il avait plusieurs fois manqué de se froisser un muscle du cou.
Après une vingtaine de minutes de ce manège, il avait commencé à se ronger ce qu’il lui
restait d’ongles.
Quelques instants après, alors qu’il cherchait de nouvelles explications à l’absence qui
le tourmentait, Georges aperçut du coin de l’œil une silhouette familière, venant de l’intérieur du dôme ; une silhouette qui avait quitté la piste. Il finit par reconnaître
Julien.
« Ca ne va pas, Georges ? » lui demanda son ami.
« Comment ? heu si si ! Enfin…Non, je… » Georges répondit en soufflant.
« Oh là là, qu’est-ce qui t’arrive ? » S’inquiéta Julien.
Georges lui lança un regard grave « J’attends ma cavalière… »
« Ta cavalière ? Tu plaisantes ? » Sourit-il.
« Evidemment que non, tu sais bien que je ne suis pas du genre à faire des
blagues ! »
Le ton avait été sec et aussi glacial que le regard si bien que Julien se ravisa et coupa
court à son sourire.
« Mais… tu l’as connue où ? Tu n’en as jamais parlé. »
« Stella ! Je l’ai rencontrée sur internet, il y a un mois. On a parlé presque
toutes les nuits. » Soupira un Georges un peu moins menaçant.
« Internet ? Toi ? Toi qui déteste les ordinateurs ? »
l’interrogea son ami incrédule.
« Je… Que…Mais… » Son bafouillage était à la limite du
pathétique.
« Un mois tu dis ? Pile poil quand Sylvie t’a
plaqué… »
Georges resta silencieux.
« J’y crois pas ! Toi, tout de suite après une rupture, sur internet en
plus ? Tessa avait raison. Depuis cette histoire, ça ne tourne plus rond dans ta tête ! »
« Quoi ? Elle a dit ça ? Et toi tu es…
d’accord ? »
« Et Comment monsieur explique-t-il toutes ces incohérences ? Je vais te
ramener chez toi, il faut que tu vois quelque chose. Attends-moi là, je vais prévenir les autres.»
« Je… D’accord… » Répondit-il d’un air faussement résigné.
Georges était perdu, un de ses meilleurs amis le traitait de fou, mais il était sûr qu’il
ne l’était pas. Elle allait arriver. Sinon, il serait toujours temps de prouver à Julien « j’ai encore toute ma tête ! », de lui montrer les courriels, les photos sur
l’ordinateur.
Julien revint rapidement et après un passage par les vestiaires, ils prirent la direction
du parking jusqu’à la petite trois portes bleue aux formes arrondies.
Trois quarts d’heure plus tard, Georges ouvrait la porte de son
appartement.
« Viens je vais te montrer, Julien ! » annonça-t-il, déterminé.
Georges ne ferma même pas la porte d’entrée, filant à tout allure dans son salon, une
pièce très en longueur, à peine éclairé par la lampe basse consommation s’allumant progressivement.
Il zigzagua entre les boîtes à pizza, « allez viens !», les télécommandes
« dépêche, tu vas voir ! » et les boîtiers de dvd « tu vas arrêter de me prendre pour un fou !» et se précipita dans sa chambre, au fond à droite, dont il ouvrit la porte
puis qu’il alluma…
Là, Georges se tût et resta planté sur place. Sur son lit défait, des miettes d’un
sandwich, un magazine pour adulte ouvert sur un poster en double page, juste à côté un mouchoir visiblement humide, une canette de soda renversée, vide, des vêtements sales ou non-repassés, des
chaussures en pagaille mais aucun ordinateur.
« Elle existe ! Elle a dû arriver pendant qu’on est parti. L’ordinateur
portable, j’ai dû le déplacer, je… Ce n’est pas possible ! »
Il farfouilla ses draps, retourna tous les papiers entassés sur le bureau… Rien de rien.
Impossible de retrouver son téléphone !
« J’ai du me le faire voler dans les transports !»
Georges se prit la tête dans les mains et s’agenouilla par terre sur un lit de poussière,
une larme se dessinait au bord de son œil droit…
« Ce n’est pas possible… Ce n’est pas possible… »
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