
ECOUTER ( Texte lu)
Le Début
Un fracas énorme dehors, j'ai peur.
Que se passe-t-il? Je suis en proie à la terreur.
Je m'approche de la fenêtre, je regarde...
Le bitume est rouge, des craquements retentissent,
Le vent m'apporte de la puanteur, je reste sur mes gardes
Mais j'ouvre un peu plus la fenêtre, mon front se plisse.
Le rouge au sol luit et s'écoule de corps en corps,
Tous ces gens sans vie ou presque, ce parfum de mort...
J'ai toujours peur mais malgré tout, je sors,
Attiré par l'intrigue, la raison d'un si mauvais sort.
J’enjambe des morceaux sanguinolents d'hommes
De femmes, d'enfants, de chiens, de chats, d'oiseaux,
Je voudrais qu’ils se relèvent comme d’un somme.
Au coin de la rue, de la fumée, des flammes.
Leur horrible crépitement, ce spectacle infâme
D'amoncellement de gravas et de carcasses de véhicules
Qui n'étaient pas vides ; toujours ce liquide qui coagule
Partout... toujours l'odeur à vomir de l'horreur étalée.
Parfois je crois deviner un gémissement étouffé
Mais chaque fois je ne trouve que matière inanimée.
Prochaine rue : un homme qui jure d'avoir tout fait
Pour sauver sa belle et la chair de sa chair
Pleurant à chaudes larmes, c'était le début de la guerre...
4 Juillet 2006
publié dans :
Le pacte du Sang (poésie)
0
par Garry Voligert
recommander

ECOUTER ( Texte
lu)
La Fin
Les hommes étaient à terre
Goûtant le sol amer.
Vivants et morts amoncelés,
L'horreur s'était installée.
Et ce rouge qui n'était qu’un parmi d'autres,
Ce rouge du Judas remplaçait le bleu de l'apôtre.
Cette robe rouge de la rose devint sang sur ses épines.
Cette teinte rouge d’animaux qui trahissait leurs toxines.
La terre était rouge, le ciel était rouge
La mer était rouge, le monde était rouge.
L'arc-en-ciel était monochrome
Le coffre d'or était une bassine de sang
Versé par tous, versé par les hommes.
La prairie verte et son étang,
Les murs ternes, les champs de blé...
C'est d’écarlate que tous brillaient.
Les âmes solidifiées étaient des rubis
Gorgés du sang de la cupidité.
La Mort pour le plus grand succès de sa vie
Avait revêtu une tenue de soirée rouge
Et même la nuit gardait le dégradé
Du crépuscule rouge-oranger.
Année 1999
publié dans :
Le pacte du Sang (poésie)
1
par Garry Voligert
recommander
Derniers Commentaires